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Des magana aux syllabaires japonais, les kana
Aux alentours du VIIIème siècle, un système d'écriture prenant en compte la valeur phonétique des sinogrammes fut développé pour écrire les mots japonais. Il s'agit là des prémices de ce qui allait devenir le système de syllabaire japonais actuel, les kana.
Reprenons notre exemple du caractère 'bouche'. Nous avons vu qu'il pouvait se prononcer soit kô, soit ku.
Dans le nouveau système, appelé 'magana'*, le sinogramme qui représentait jusqu'à présent la bouche devint le caractère représentant le son kô ou ku (selon les personnes, les lieux, le moment) et perdait ainsi son sens originel.
*Au VIIIème siècle fut écrit un recueil de poèmes intitulé man'yôshû (Recueil des innombrables feuilles) n'utilisant que le système magana. C'est pourquoi on appelle communément ce système, man'yôgana.
A l'époque des magana, plusieurs sinogrammes pouvaient être utilisés pour représenter un seul et unique son. On pouvait dénombrer quelques mille idéogrammes servant à écrire phonétiquement la langue japonaise.
Ex. de magana utilisés pour le son 'shi' :
Mais puisqu'il s'agissait de faciliter l'écriture de la langue japonaise en simplifiant le nombre de caractères ainsi que leur fonction (valeur phonétique), pourquoi ne pas simplifier leur écriture ?
Beaucoup de termes en kana, gana... Ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple à retenir ! Quand on parlait de chinois... Un tableau récapitulatif pourrait-il aider ?
Allez, cela clarifiera les choses :
Epoque |
Système d'écriture |
200~ |
Importation des caractères chinois. |
400-800 |
Création et développement du système magana ou man'yôgana utilisant les sinogrammes pour leur valeur phonétique. |
800-900 |
Naissance du système sôgana , écriture stylisée des sinogrammes utilisés dans le
système magana. |
900 |
Création des hiragana (évolution des sôgana), katakana. |
C'est du style cursif que sont nés les sôgana (qui évoluèrent jusqu'à devenir les hiragana actuel).
Le style cursif est une façon stylisée d'écrire les caractères en un tracé plus lié et coulé, réduisant ainsi le nombre de traits nécessaires à l'écriture d'un seul caractère.
Rappelons-nous qu'un seul son japonais pouvait posséder plusieurs magana. De la même façon, un seul son pouvait posséder plusieurs sôgana !
Dans le même temps fut développé un autre syllabaire appelé katakana servant essentiellement à annoter la prononciation des caractères chinois inconnus dans les écrits bouddhistes.
Ils partent eux aussi des caractères utilisés dans le système magana mais ne sont pas une forme cursive de ceux-ci. Ils sont simplement une partie du caractère initial. On peut le voir assez facilement avec le son ku en katakana à droite et son caractère initial le précédent :
Les hiragana permirent aux femmes d'accéder à la littérature et d'écrire parmi les plus grand chef d'œuvre de l'histoire japonaise. Enormément utilisé par les femmes, ils furent appelés 'onnade', littéralement la main de la femme par opposition à 'otokode', littéralement la main de l'homme (les caractères, man'yôgana).
Les hiragana et katakana issus des milliers de caractères utilisés dans le système man'yôgana furent définitivement fixés et limités en 1900 aux 46 symboles actuels. Ainsi, tout un ensemble d'hiragana parallèles disparurent officiellement. Ces défunts hiragana, appelés hentaigana, peuvent cependant encore apparaître sur certaines pancartes, monuments ou documents officiels.
Il manque encore un système : les rômaji ! Mais rien de bien compliqué, rassurez-vous !
Les rômaji sont une méthode de transcription 'phonétique' du japonais utilisant l'alphabet latin ! (Rômaji, signifiant : les lettres romaines). Ils sont très utiles aux débutants qui ne connaissent pas encore les deux syllabaires par cœur et sont très pratiques lorsqu'ils indiquent les noms des villes au Japon sur les pancartes !
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