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La langue japonaise ou langue Yamato resta orale pendant de nombreux siècles. Aucun système d'écriture n'existait alors. Et on se dit des fois que bien mal a pris aux japonais de se lancer dans une aventure qui devint pantagruélique !
Effectivement, la langue japonaise actuelle n'utilise pas moins de 4 systèmes d'écriture différents : logogrammes (caractères appelés kanji), hiragana, katakana (2 syllabaires) et rômaji...
C'est du chinois pour vous ?
Eh bien, vous n'avez pas vraiment tort car c'est au contact de la civilisation chinoise et coréenne que les japonais vont découvrir l'écriture sous forme de logogrammes* aux horizons du III - IVième siècle.
*idéogrammes, pictogrammes sont des sous-catégories des termes généralistes que sont logogramme et caractère. Sinogramme désignant les caractères chinois.
Importation et adaptation des caractères chinois
Le savoir-faire japonais en matière d'assimilation s'est encore illustré dans cette phase d'appropriation des caractères chinois ! Ils apprirent donc à lire et écrire ces sinogrammes mais surtout les adaptèrent aux besoins de leur propre langue.
Pourquoi adapter ?
Un sinogramme chinois ne recouvre qu'une syllabe; chaque syllabe possédant un sens (langue dite monosyllabique). La langue japonaise est quant à elle polysyllabique (un mot sera la plupart du temps constitué de plusieurs syllabes non signifiantes individuellement).
La langue japonaise n'est pas tonale (aucun accent : ça, c'est une bonne nouvelle pour nous français !) et comporte moins de sons que le chinois. (Même si le nombre de voyelles fut, semblerait-il, plus important par le passé) .
Fort de ce constat, vous aurez compris la suite logique...
... Non ? C'est normal !
Pour comprendre le problème lié à l'adaptation d'un système d'écriture pensé pour une langue monosyllabique vers une langue polysyllabique, faisons un parallèle avec le mot français 'chanter'.
En chinois, le caractère représentant 'chant' et le verbe 'chanter' est identique et invariable (un son, un caractère). Or, en japonais, si 'chant' peut être représenté par ce même caractère, la déclinaison du verbe 'chanter' nécessite l'apposition des sons finaux. Concrétement :
- 'Chant' et 'chanter' a pour caractère '  ' en chinois;
- 'chanter' pourrait être, par comparaison : '  er' en japonais !
L'élite masculine japonaise écrivait donc en chinois tout en adaptant la prononciation originale à leur propre langue. L'importation des sinogrammes, provenant de différentes régions de Chine et de différentes époques dans l'histoire, aboutit à différentes prononciations japonisées d'un même sinogramme ! La langue japonaise possédant déjà ses propres mots, ceux-ci se sont ajoutés aux différentes prononciations chinoises importées.
Un exemple avec le mot 'bouche' permettra de mieux comprendre le processus ! Voilà à quoi il ressemble :
Oui, oui ! Ce 'carré' signifie 'bouche' ! Ce n'est pas dénué de sens, vous en conviendrez ! Ce seul caractère, en japonais, se prononce de nos jours de trois manières différentes :
kô, ku qui sont les 2 prononciations issues du chinois (lecture sino-japonaise ou 'onyomi' - littéralement, 'lecture par le son'); kuchi, la prononciation japonaise originale (lecture 'kun')!
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